Le lait maternel, un aliment unique aux multiples propriétés

Plusieurs organisations de santé dans le monde s’entendent à promouvoir l’allaitement maternel exclusif jusqu’à l’âge de 6 mois [1-4]. La poursuite de l’allaitement est également encouragée jusqu’à l’âge de 2 ans et plus, jumelé à une alimentation complémentaire appropriée [1-4]. Cette recommandation s’appuie sur les nombreux bienfaits que le lait maternel apporte au bébé ainsi qu’à la maman en considérant ses impacts nutritionnels, immunologiques, cognitifs, psychologiques et économiques illustrés ci-dessous.

Figure 1. Bienfaits de l’allaitement

Le lait maternel se distingue par l’adaptation de sa composition tout au long de la croissance du bébé afin de fournir l’ensemble des nutriments nécessaires à son bon développement [1, 3]. Il contient entre autres des protéines, des glucides, des gras, des vitamines, des minéraux, des anticorps, des molécules antimicrobiennes ainsi que des hormones et des facteurs de croissance [1]. Le premier lait exprimé dans les cinq jours suivant l’accouchement, aussi appelé le colostrum, est composé de protéines et de facteurs immunologiques jouant un rôle essentiel dans la protection immunitaire du bébé [1, 3]. Par la suite, le lait transitoire, puis le lait mature contenant une teneur plus élevée en gras et en lactose viennent combler les besoins nutritionnels augmentés du bébé [3]. Le lait maternel en constante évolution constitue la recette parfaite pour fournir les nutriments et l’énergie dont le bébé nécessite jusqu’à l’âge de 6 mois, y compris son besoin en eau représentant 88% de sa composition [1-3].

Facile à digérer et mieux absorbé par le système digestif immature, le lait maternel renforce la défense immunitaire du bébé [1-6]. Ceci réduit à la fois le risque d’infections gastro-intestinales et d’infections des voies respiratoires supérieures ainsi que la fréquence d’otites, de pneumonies et de bronchiolites [1, 4, 5]. L’allaitement contribue également au développement cognitif du bébé. Des études ont d’ailleurs observé de meilleurs résultats chez les enfants ayant été allaités lors de tests d’intelligence [1-3, 5].

L’allaitement ne profite pas qu’au bébé, mais également à la mère. En plus de réduire le risque de développer un cancer du sein et certaines maladies chroniques, l’allaitement peut faciliter le retour au poids pré-grossesse et favoriser le rétablissement de l’utérus [1, 3, 5].

Figure 2. Réactions hormonales enclenchées lors de la tétée

Adaptée de Breastfeeding: The Multifaceted Impact on Child Development and Maternal Well-Being par Purkiewicz et al., 2025.

Les bienfaits de l’allaitement ne s’arrêtent pas qu’à la santé physique. En effet, l’allaitement stimule la production d’hormones telles que la prolactine et l’ocytocine respectivement responsables de la production et de l’éjection du lait (Figure 2) [1]. Connue également sous le nom de l’hormone de l’amour ou de l’attachement, l’ocytocine renforce le lien mère-enfant et amène une sensation de bien-être [1, 3]. Ce contact intime réduit ainsi le risque de dépression post-partum en améliorant l’état émotionnel de la mère et en procurant des sentiments positifs envers la parentalité [3].

Avec les nombreuses dépenses qu’amène le projet d’avoir un bébé, l’allaitement permet de limiter certains coûts, notamment en évitant l’achat de préparations commerciales pour nourrissons plutôt dispendieuses. De plus, les enjeux environnementaux qu’impliquent leur production et leur distribution ne sont pas à négliger. Par ailleurs, le lait maternel ne nécessite aucune préparation, facilitant ainsi les tétées et la planification des déplacements à l’extérieur de la maison. [1, 5]

Bien qu’il soit perçu comme un geste naturel, l’allaitement est une compétence qui se développe, nécessitant du temps et de la persévérance. Plusieurs personnes peuvent offrir leur soutien aux mères telles que des membres de la famille, des proches, des professionnels de la santé ou des consultantes en allaitement. Il ne faut pas hésiter à solliciter leur aide autant pour débuter que pour assurer la poursuite de l’allaitement. [5]

Messages clés

  1. L’allaitement maternel exclusif est recommandé jusqu’à l’âge de 6 mois.

  2. La composition du lait maternel évolue au fil du temps afin de répondre aux besoins nutritionnels croissants du bébé. Ses besoins sont entièrement comblés par le lait maternel jusqu’à l’âge de 6 mois.

  3. Le lait maternel offre des bienfaits autant au bébé qu’à la maman qui vont au-delà de la santé physique.

Références

  1. Naître et grandir. (2023). Le lait maternel. https://naitreetgrandir.com/fr/etape/0_12_mois/alimentation/naitre-grandir-allaitement-maternel-avantage/

  2. World Health Organization. (s.d.). Breastfeeding. https://www.who.int/fr/health-topics/breastfeeding#tab=tab_3

  3. Purkiewicz, A., Regin, K.J., Mumtaz, W. et Pietrzak-Fiećko, R. (2025) Breastfeeding: The Multifaceted Impact on Child Development and Maternal Well-Being. Nutrients, 17(8), 1326. https://doi.org/10.3390/nu17081326

  4. Lokossou, G.A.G., Kouakanou, L., Schumacher, A. et Zenclussen, A.C. (2022). Human Breast Milk: From Food to Active Immune Response With Disease Protection in Infants and Mothers. Frontiers in Immunology, 13, 849012. https://doi.org/10.3389/fimmu.2022.849012

  5. Agence de la santé publique du Canada. (2020). 10 bonnes raisons d’allaiter votre bébé. https://www.canada.ca/fr/sante-publique/services/publications/vie-saine/10-bonnes-raisons-allaiter-votre-bebe.html

  6. Yi, D.Y. et Kim, S.Y. (2021). Human Breast Milk Composition and Function in Human Health: From Nutritional Components to Microbiome and MicroRNAs. Nutrients, 13(9), 3094. https://doi.org/10.3390/nu13093094

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Audrey-Rose Guillemette

Passionnée par le domaine de la santé, Audrey-Rose a choisi de poursuivre son parcours scolaire en nutrition à l’Université de Montréal. Son intérêt pour la relation d’aide avec les patients ainsi que son désir de contribuer à l’avancement scientifique ont guidé ce choix. Ses principaux centres d’intérêt portent sur la nutrition périnatale, néonatale et pédiatrique.

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